Techniques Minières à la Renaissance

jeudi 5 avril 2012
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Le XVIème et le début du XVIIème siècle est une période qui correspond à l’apogée des mines du Rosemont. Les galeries des mines étaient alors taillées à la main grâce à la pointerolle et ce n’est que vers 1617 que l’usage de la poudre apparait dans les mines. C’était un travail de longue haleine, avec une progression journalière en roche dure de 5 cm, ce qui fait que le creusement de certaines galeries a mis près de trente ans à se réaliser.


Taille à la pointerolle -AUTRICHE-




Du grand art cette galerie...


DIFFÉRENTS OUTILS EN USAGE DANS LES MINES DE CETTE ÉPOQUE :

  • Les houes,qui servaient à charger le minerai dans les cuveaux, étaient l’outil principal du décombreur.


Houes retrouvées dans les décombres


  • Les haches, qui servaient à dégrossir et à tailler les bois nécessaires à l’étançonnage des galeries et des puits et qui étaient l’outil principal du chef mineur.
  • Les pointerolles, emmanchées avec une massette, elles constituent avec les marteaux les outils indispensables pour tailler la roche. Chaque mineur en emmène pour sa journée de travail une quinzaine qui seront au retour de ce dernier réaffutées. On pouvait ainsi les réaffuter environ 8 à 10 fois, après quoi il fallait réaciérer sa pointe.


Divers modèles de pointerolles



Marteaux encore emmanchés


LES HOMMES ET LES INSTALLATIONS :

Sur les croquis ci-dessous d’Heinrich Gross (vers 1530) on pénètre dans le monde de la mine avec ses différentes catégories de travailleurs et l’on peut détailler les outils utilisés par chaque corps de métier et leurs accoutrements.


Les mineurs pénètrent dans la mine


On remarque leurs lots de pointerolles sur l’épaule, le marteau et leur lampe à suif dans la main. Chaque ouvrier possédait un briquet qui lui permettait de rallumer sa lampe, le volume du morceau de suif de chaque lampe étant prévu pour la durée de la journée de travail, environ 8 à 9h, voir même parfois plus.


Les décombreurs pénétrent dans la mine


Sur cette image, en plus de leur lampe, on peut voir une auge en bois qui servait à ramasser le minerai ainsi que la houe, l’outil indispensable du décombreur.


Les convoyeurs


Ces ouvriers sont chargés de sortir le minerai à l’extérieur de la mine à l’aide de chariots en bois renforcés par de ferrures surnommés "chiens de mine" a cause du bruit caractéristique produit par leur passage sur les voies en bois des galeries.


"Chien de mine"


Reconstitution d’un chariot à minerai (maquette de Denis Zeller dans l’ex-musée de la mine de Giromagny). On distingue à l’avant un téton métallique, qui plonge dans la fente au centre des deux rails de bois, et qui servait à guider le chariot pour éviter son déraillement.


Voie de roulage


Un métier important dans l’exploitation des mines au 16 et 17ème siècle est celui de charpentier. En effet, les besoin en bois étaient à cette époque considérables, notamment pour le boisage des galeries et des puits, les machines d’exhaure (évacuation des eaux) qui utilisent des roues à aubes et des corps de pompes en bois, les goulottes pour amener l’eau sur les roues, les voies de roulage et surtout pour les fonderies, extrêmement gourmandes en bois.


Les charpentiers entrent dans la mine



Reconstitution du boisage d’un puits


Sur cette photo, on remarque que le puits comporte deux compartiments : celui qui sert aux mineurs pour accéder au fond et qui est équipé d’échelles et de paliers,et l’autre servant à remonter le minerai à l’aide d’un treuil muni d’une corde au bout de laquelle s’accrochait un cuveau.

A Lepuix-Gy, la mine St Pierre s’enfonçait 418 mètres sous le niveau de la Savoureuse par une série de 12 puits de ce genre, impressionnant pour l’époque !


Treuil reconstitué



Vestiges d’un treuil sur tête de petit puits



Cuveau trouvé dans l’état


Ce cuveau a nécessité une opération d’envergure menée de main de maître par le GSAM dans une mine du secteur, belle opération de sauvetage archéologique !

Un gros travail pour les charpentiers était la construction des machines de pompage dont la technique nous venait de la longue expérience des mineurs de Saxe et d’Autriche. Le montage de la roue à aube, qui entrainait un train de pompes en bois, était à lui seul un travail de grande ampleur, certaines roues mesuraient en effet jusqu’à 9,60m de diamètre et entrainaient une dizaine de pompes pour dénoyer les travaux jusqu’à 175 mètres de profondeur.


Roue à aubes reconstituée -AUTRICHE-


Tous les détails techniques des articles ont été tirés du livre "MINES ET MINEURS DU ROSEMONT" de François LIEBELIN à qui je rends hommage.